"On a de fortes présomptions pour nombre de ces produits" et "on n'arrive pas à avoir la preuve de leur innocuité", a souligné devant la presse Olivier Toma, président du Comité pour le développement durable en santé (C2DS) et directeur de clinique.
Selon André Cicolella, chimiste toxicologue, ils contiennent très souvent des parabens, des conservateurs dont certains interfèrent avec le système hormonal.
On y trouve aussi de l'EDTA --acide éthylène diamine tétraacétique--, un stabilisateur de produits qui peut être reprotoxique, ou du bisphénol A, classé au Canada comme substance toxique. Du phénoxyéthanol, qui favorise l'absorption du produit par la peau, pourrait être dangereux pour le système nerveux et le sang. Quant au BHT, il serait suspecté d'être cancérogène, de même que l'aspartame.
Enfin l'eau minérale de la mallette est particulièrement chargée en nitrates, selon le Comité.
Pour le Pr Dominique Belpomme, cancérologue, "des doses très faibles de perturbateurs endocriniens peuvent induire des cancers du sein ou de la prostate 30 ans après". Il a fait valoir aussi que la pénétration par voie cutanée était "celle qui permet la plus grande perturbation de l'organisme" comparativements aux voies respiratoire ou alimentaire, car "la peau ne sait pas détoxifier".
Il a regretté la "carence réglementaire" existant en France pour les cosmétiques, accusant les agences sanitaires, et notamment l'Afssaps (agence de sécurité sanitaire des produits de santé), qui ne propose que des recommandations "non contraignantes" en matière de cosmétiques, de "ne pas remplir leur mission".
"La politique qui consiste à ne pas parler des résultats qui gênent n'est pas acceptable en matière de santé publique", a-t-il dit.
"Les produits cosmétiques pour enfants sont strictement contrôlés", assure pour sa part dans un communiqué la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), et l'Afssaps peut en cas de doute "ordonner qu'ils soient immédiatement retirés du marché".
Tous ont défendu l'application du principe de précaution et l'arrêt de distribution des mallettes par les maternités ou les cliniques. Ils ont demandé aussi aux autorités de santé de soumettre les produits cosmétiques --dont 80% seraient issus de la pétrochimie-- à une Autorisation de mise sur le marché (AMM), comme les médicaments.
Le C2DS a commencé depuis un mois à faire campagne auprès des directeurs d'établissements pour qu'ils refusent ces boîtes, et des industriels pour qu'ils en modifient le contenu. A ce jour, une vingtaine de maternités --sur 600-- ne distribuent plus les trousses de naissance.


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